Je trouve assez régulièrement la chanterelle sinueuse lorsque la saison des champignons bat son plein, mais généralement en petite quantité.
La chanterelle sinueuse, également appelée chanterelle ondulée, se rencontre sous plusieurs noms scientifiques dans les guides et sur les sites mycologiques : Craterellus sinuosus, Craterellus undulatus, mais aussi Pseudocraterellus sinuosus et Pseudocraterellus undulatus. Ces noms désignent ici la même espèce. Les différences viennent de l’évolution de sa nomenclature et du nom retenu par chaque référence. Dans cette fiche, j’utilise Craterellus sinuosus, le nom présenté par l’Inventaire national du patrimoine naturel français.
Description
Chapeau : De 1,5 à 5 cm de diamètre, d’abord étalé et légèrement déprimé au centre, puis prenant une forme d’entonnoir plus ou moins profond, parfois ouvert sur la cavité du pied. Sa marge très mince, fortement ondulée et sinueuse devient souvent lobée, frisée ou crispée avec l’âge. La couleur varie du brun sépia au gris brunâtre, parfois avec des nuances ocracées. Plus sombre à l’état humide, le chapeau pâlit en séchant, pouvant devenir gris clair à presque blanchâtre. Sa surface est lisse à finement fibrilleuse, parfois légèrement rugueuse.
Plis : Absence de véritables lames. La face inférieure est presque lisse chez les jeunes exemplaires, puis présente de faibles plis ou rides irrégulières, parfois ramifiés et reliés entre eux par de petites veines. Ces plis sont décurrents, descendant progressivement sur le pied, sans séparation nette. Leur couleur varie du gris pâle au gris beige ou gris ocracé, parfois avec de légers reflets jaunâtres ou crème rosé. Une fine pruine blanchâtre peut recouvrir cette surface.
Anneau : Absent.
Pied : De 3 à 6 cm de hauteur et de 0,3 à 0,8 cm d’épaisseur, mince, cylindrique, souvent courbé, comprimé ou légèrement tordu. Il s’amincit généralement vers la base et peut présenter de fines rides longitudinales. Sa couleur varie du gris beige au brun grisâtre pâle, généralement plus claire que celle du chapeau. Sa surface est lisse à finement pruineuse, sans réseau ni écailles. Le pied peut être plein, partiellement creux ou creux, selon les descriptions et les exemplaires. Plusieurs pieds sont parfois réunis à leur base.
Chair : Très mince, souple et relativement fragile dans le chapeau, plus fibreuse dans le pied. Elle est blanchâtre à crème ou gris beige pâle.
Odeur : Faible à agréablement fruitée, parfois difficile à percevoir sur un exemplaire isolé. Elle ne constitue pas un caractère distinctif constant.
Sporée : Généralement décrite comme blanchâtre dans les descriptions continentales, mais également signalée comme ocre jaunâtre dans certaines références britanniques. Cette divergence reste insuffisamment résolue.
Période de cueillette : Principalement de juillet à novembre.
Biotopes : Au sol, principalement dans les forêts de feuillus. C’est un champignon mycorhizien, vivant en association avec les racines des arbres.
Confusions : La chanterelle cendrée (Craterellus cinereus) présente généralement une coloration plus sombre et des plis nettement plus développés sous le chapeau. La trompette de la mort (Craterellus cornucopioides) est habituellement plus grande, plus foncée et possède un entonnoir profond prolongé par un pied creux. La chanterelle en tube (Craterellus tubaeformis) se distingue notamment par son pied jaunâtre et ses plis plus marqués.
Famille : Hydnaceae (Hydnacées)
Nom scientifique : Craterellus sinuosus (Fr.) Fr. Également nommé Craterellus undulatus (Pers.) E. Campo & Papetti, nom retenu par Index Fungorum. Autres synonymes rencontrés : Pseudocraterellus sinuosus et Pseudocraterellus undulatus.
Où trouver la chanterelle sinueuse ?
La chanterelle sinueuse se rencontre notamment dans les chênaies et les hêtraies. Ses petits chapeaux gris à brun se confondent facilement avec les couleurs du sous-bois, ce qui la rend discrète même lorsqu’elle pousse en groupe.
Elle apparaît sur le sol forestier, parfois dans des zones de terre peu couvertes. Les champignons peuvent être rapprochés les uns des autres et former de petites touffes, avec plusieurs pieds réunis à leur base.
La nature du terrain ne suffit pas à définir ses emplacements. Elle a notamment été récoltée sur sol acide sous un chêne pédonculé dans le nord de l’Espagne. Il serait donc trop restrictif de la présenter comme exclusivement liée aux terrains calcaires.
Un article de Tervonen et ses collaborateurs (2015), consacré à un autre champignon, apporte une observation complémentaire : les auteurs signalent la chanterelle sinueuse en abondance dans un boisement dominé par les bouleaux, sur un terrain à influence calcaire, à Luhanka, en Finlande. Ce relevé élargit les milieux documentés au-delà des chênaies et des hêtraies, sans démontrer à lui seul une association avec le bouleau. [1]
Quand pousse la chanterelle sinueuse ?
La chanterelle sinueuse est un champignon d’été et d’automne. En France, les observations rapportées dans les Charentes s’étendent de juillet à novembre. Elle peut donc apparaître bien avant les sorties de pleine saison automnale.
Sa présence reste toutefois irrégulière d’une année à l’autre. Dans les Charentes, elle n’est pas observée chaque année, mais peut se montrer dans plusieurs secteurs lorsque les conditions lui conviennent. La période habituelle indique ainsi une saison possible, sans garantir une apparition annuelle dans un même bois.
À l’échelle européenne, la saison peut commencer plus tôt : des descriptions britanniques mentionnent des observations dès juin, jusqu’en novembre.
Comestibilité
Classement : Bon comestible.
La chanterelle sinueuse possède une saveur douce, aux notes fruitées discrètes. Sa chair est mince et fragile dans le chapeau, plus fibreuse dans le pied, elle offre donc une texture délicate et peu charnue.
Son intérêt tient davantage à la finesse de sa saveur qu’à son volume. Sa petite taille et sa présence parfois très localisée en font un champignon moins souvent rencontré dans les paniers que les girolles ou les chanterelles en tube.
Je l’ajoute à mes poêlées de chanterelles en tube ou d’autres petites espèces comestibles. Je n’en ai encore jamais ramassé assez pour la cuisiner seule et découvrir son goût séparément.
Valeur nutritionnelle
La composition nutritionnelle de la chanterelle sinueuse reste peu documentée. Comme la plupart des champignons frais, elle est probablement riche en eau et pauvre en matières grasses.
En l’absence d’analyses nutritionnelles spécifiques suffisamment fiables, il n’est toutefois pas possible de préciser sa teneur en protéines, glucides, fibres, vitamines et minéraux.
⚠️ Identification et précautions de consommation
L’identification d’un champignon sauvage doit reposer sur plusieurs critères concordants. Les descriptions et photographies de ce site ne suffisent pas à la garantir. En cas de doute, ne consommez pas votre récolte et faites-la vérifier par une personne compétente en mycologie.
Consommez uniquement des espèces comestibles identifiées avec certitude, bien cuites et en quantité raisonnable. Conservez-les au réfrigérateur à 4 °C maximum, séparées des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours suivant la cueillette.
Évitez les bords de routes, les décharges et les sites industriels pollués : les champignons peuvent accumuler les polluants présents dans leur environnement.
Découvrez les principales chanterelles comestibles.
Références scientifiques
[1] Tervonen K., Spirin V. et Halme P. (2015).
Redescription of Mycorrhaphium pusillum, a poorly known hydnoid fungus.
Mycotaxon, 130(2), 549–554.
Observation de Craterellus sinuosus dans la description du site, p. 550.
Crédits photographiques
Image de mise en avant — chanterelles sinueuses vues de profil : Павлик Лисицын — iNaturalist.
Licence : CC BY 4.0.
Dessous et plis des chanterelles sinueuses : Lucian Clanet — iNaturalist.
Licence : CC BY 4.0.
Groupe de chanterelles sinueuses parmi les mousses et les feuilles : lizfrost47 — iNaturalist.
Licence : CC BY 4.0.

