Cette troisième et dernière partie poursuit la méthode expérimentale de culture des morilles de Gary Mills. Après avoir obtenu du mycélium sur gélose et préparé le substrat de colonisation dans les deux premières parties, nous allons maintenant aborder la formation des sclérotes et les différentes étapes destinées à provoquer la fructification. Personnellement, j’ai réussi à obtenir du mycélium et des sclérotes, mais jamais de fructification. Les photographies illustrant cette méthode sont celles de Bob Harris.
10 Préparation du substrat de fructification
Le protocole prévoit la préparation d’un substrat de fructification composé des éléments suivants :
- 20 % de sable
- 30 % de terreau
- 40 % de copeaux de feuillus (frêne, chêne, érable, hêtre, orme, pommier, etc.)
- 5 % de son de riz
- 2,5 % de tourteau de soja
- 2,5 % de tourbe de sphaigne
Mélangez soigneusement les différents ingrédients, puis ajustez progressivement le pH avec une petite quantité de chaux. Le protocole original recommande un pH compris entre 7,1 et 7,3. Vérifiez-le à l’aide d’un pH-mètre plutôt que d’ajouter une quantité de chaux au hasard.
11 Préparation de deux bacs pour le substrat de fructification
La méthode utilise deux barquettes superposées, chacune ayant un rôle différent.
Dans la première barquette, en aluminium ou en plastique adapté à la stérilisation, percez plusieurs trous de drainage dans le fond. Ajoutez environ 5 cm du substrat de fructification préparé précédemment, arrosez-le jusqu’à saturation, puis laissez l’excédent d’eau s’écouler.
Dans la seconde barquette, disposez une couche d’environ 2 cm de céréales préalablement trempées dans l’eau.
Placez ensuite la première barquette au-dessus de la seconde, puis introduisez l’ensemble dans un sac de stérilisation compatible avec votre appareil, équipé d’un système de filtration permettant les échanges gazeux.
Le protocole original prévoit une stérilisation d’au moins une heure. Cette durée reste indicative : les conditions réelles de stérilisation doivent être adaptées au matériel utilisé et au volume de substrat.
12 Inoculation et incubation du substrat de fructification
Une fois les barquettes refroidies, ouvrez le sac de stérilisation dans des conditions d’hygiène rigoureuses, en respectant les consignes de stérilité.
Le protocole prévoit d’incorporer 250 ml de substrat colonisé, préparé dans la deuxième partie, à chaque barquette contenant le substrat de fructification. Cette quantité correspond à des barquettes de 24 × 24 × 6 cm et doit être adaptée si vous utilisez d’autres dimensions.
Mélangez délicatement à l’aide d’une cuillère stérile, puis refermez le sac. Placez l’ensemble à une température comprise entre 18 et 21 °C pendant 4 à 6 semaines,
Le protocole prévoit également une humidité relative supérieure à 90 % et une concentration en CO₂ comprise entre 6 000 et 9 000 ppm, sans renouvellement d’air actif dans l’enceinte de culture durant cette phase. Ces valeurs concernent l’environnement de culture, pas l’air d’une pièce occupée.
13 Apparition des sclérotes
Après 4 à 6 semaines d’incubation, des sclérotes peuvent apparaître à la surface du substrat. Ces amas compacts de mycélium constituent des structures de réserve et de résistance, qui jouent un rôle important dans le cycle de développement des morilles.
Leur formation ne garantit toutefois pas l’obtention de fructifications.
Le protocole original mentionne la possibilité de conserver les sclérotes inutilisés au réfrigérateur, entre 3 et 4 °C, jusqu’à un an.Cette durée reste une indication historique, sans garantie de viabilité.Une fois les sclérotes formés, retirez la barquette inférieure contenant les céréales, puis refermez le sac autour de la barquette supérieure.
Placez celle-ci au réfrigérateur, entre 3 et 4 °C, pendant deux semaines afin de provoquer un choc thermique.
Sortez ensuite la barquette du sac et installez-la dans votre chambre de fructification. Saturez progressivement le substrat avec de l’eau stérilisée à environ 20 °C, puis laissez reposer 12 à 16 heures avant d’évacuer complètement l’excédent.
14. Couche de gobetage (facultative)
Le protocole prévoit également la possibilité d’ajouter une couche de gobetage d’environ 1 cm à la surface du substrat.
Maintenez ensuite une température comprise entre 18 et 21 °C. Selon la méthode originale, le mycélium pourrait traverser cette couche en 7 à 10 jours.
Cette étape reste facultative et son résultat dépend notamment des conditions de culture et de la souche utilisée.
15. Fructification des morilles
Si toutes les conditions sont réunies, les premiers primordiums, c’est-à-dire les ébauches de futurs champignons, peuvent commencer à apparaître.
Le protocole historique évoque un délai de 3 à 7 jours, mais la formation de morilles n’est absolument pas garantie, même lorsque du mycélium et des sclérotes se sont correctement développés.
Conditions indiquées jusqu’à l’apparition des primordiums :
| Paramètre | Valeur du protocole |
|---|---|
| Humidité du substrat | 60 % |
| Humidité relative de l’air | 95 à 100 % |
| Température | 21 à 23 °C |
| Renouvellement d’air | 6 à 8 fois/heure |
| Éclairage | 12 heures/jour |
| CO₂ | Supérieur à 900 ppm |
Conditions indiquées pour la poursuite de la fructification :
| Paramètre | Valeur du protocole |
|---|---|
| Humidité du substrat | 50 % |
| Humidité relative de l’air | 85 à 95 % |
| Température | 23 à 25 °C |
| Renouvellement d’air | 6 à 8 fois/heure |
| Éclairage | 12 heures/jour |
| CO₂ | Supérieur à 900 ppm |
Ces paramètres sont reproduits à titre documentaire et correspondent à la méthode historique présentée dans cette série. Ils ne constituent pas une garantie de réussite et ne doivent pas être considérés comme des conditions optimales universellement validées pour toutes les espèces et souches de morilles.







5 Commentaires
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a quoi sert la barquette inférieur contenant les céréales ?
Auteur
Bonsoir,
Ce n’est pas expliqué dans la méthode de Gary Mills. La barquette supérieur est assez pauvre en nutriment alors que la barquette inférieur est plus riche en sucre avec les céréales. Ce contraste facilite peut-être l’apparition des sclérotes mais ce n’est qu’une hypothèse.
bonjour, avez vous une idee de lintencitee lumineuse quil faut pour la fructification? et quelle longueur donde si possible ^^ merci
Auteur
La plupart des champignons ont besoin d’une luminosité comprise entre 500 et 1000 lux durant la fructification. Paul Stamets recommande l’utilisation de néons « day light » donc je dirais une lumière plutôt « bleue ».
Merci pour ces informations très précises.