Calendrier de la cueillette des champignons

Vous vous demandez si c’est le bon moment pour aller à la cueillette des champignons ?
J’ai réuni dans ce calendrier les périodes de cueillette des principaux champignons comestibles de France métropolitaine, des premières morilles du printemps aux pleurotes d’hiver. L’automne offre le plus grand choix, mais chaque saison a ses espèces. [1]

Accéder directement à une saison

Quels champignons poussent en ce moment ?

J’ai choisi de commencer ce calendrier de cueillette en mars, avec le retour des premières morilles, et de le terminer en février : cela permet de suivre une saison complète plutôt qu’une année civile. Cliquez sur le mois de votre sortie dans la première colonne du tableau. Vous arriverez directement au paragraphe du mois, avec les espèces à rechercher et les milieux où les rencontrer. Les périodes varient selon l’altitude et la météo. Voir les repères pour ma région.

Mois Principaux champignons à rechercher
Mars Premières morilles noires dans les secteurs précoces.
Avril Morilles et mousseron de la Saint-Georges.
Mai Morilles dans les secteurs tardifs, mousseron de la Saint-Georges et premiers faux mousserons.
Juin Premières girolles et premières poussées de cèpes d’été.
Juillet Girolles, cèpes d’été, premières coulemelles et russules.
Août Cèpes, polypore en ombelle, agarics et, parfois déjà, trompettes de la mort.
Septembre Cèpes et autres bolets, chanterelles, trompettes de la mort, pieds-de-mouton, coulemelles, russules et agarics.
Octobre Cèpes et autres bolets, chanterelles, trompettes de la mort, pieds-de-mouton, pieds-violets, pleurotes, coulemelles, russules et agarics.
Novembre Trompettes de la mort, pieds-de-mouton, chanterelles en tube, pieds-violets et certains pleurotes.
Décembre Pieds-violets, pleurotes en huître, truffe noire dans les secteurs truffiers et, par temps doux, quelques chanterelles en tube.
Janvier Truffe noire et, selon les conditions, pleurotes en huître.
Février Truffe noire dans les secteurs truffiers.

Ce tableau indique des périodes de pousse. La saison ne suffit pas à identifier un champignon ni à déterminer sa comestibilité. Certains groupes cités comprennent des espèces toxiques.

 

Quand peut-on cueillir des champignons ?

Il n’y a pas une seule saison des champignons. Certaines espèces apparaissent au printemps, d’autres en été, tandis que l’automne offre généralement les possibilités les plus nombreuses. Quelques espèces restent présentes en hiver. [1]

Les dates varient d’une année à l’autre. L’humidité et les températures influencent les poussées, et une période sèche peut fortement limiter les fructifications. En Lorraine, des chercheurs d’INRAE ont observé très peu de fructifications en 2018, une année marquée par le manque de pluie. [2]

Panier de champignons posé dans l’herbe

 

Les champignons de printemps (mars à mai)

Au printemps, les bois réservent les premières trouvailles, mais les haies, les lisières et les prés méritent aussi un détour pour le mousseron de la Saint-Georges.

Mars

Dans les secteurs précoces, les premières morilles noires peuvent apparaître dès mars. La morille conique, par exemple, se rencontre notamment dans certaines forêts de résineux. Ce n’est pas vraiment le type de terrain que j’ai sous la main. Pour préparer une sortie, vous trouverez davantage de repères dans mon article sur la saison des morilles.

Avril

Avril est généralement un bon mois pour chercher les morilles. En bordure de prairie, le long d’une haie ou à la lisière d’un bois, on peut aussi voir apparaître le mousseron de la Saint-Georges.

Mai

On peut encore trouver des morilles dans les secteurs tardifs. Le mousseron de la Saint-Georges reste présent par endroits. Dans les prés et les pelouses, les premiers faux mousserons peuvent aussi faire leur apparition.

Les champignons d’été (juin à août)

En été, l’humidité du sol fait souvent la différence. Après plusieurs semaines sèches, même un bois habituellement généreux peut rester presque vide. Les sous-bois qui ont gardé de la fraîcheur méritent alors davantage d’attention.

Juin

Les premières girolles peuvent apparaître dans les bois. Sous les feuillus, juin peut aussi réserver une première poussée de cèpes d’été.

Juillet

Les girolles et les cèpes d’été restent intéressants à rechercher en forêt, où l’on rencontre aussi différentes russules. Pour les premières coulemelles, pensez également aux prés, aux lisières et aux clairières.

Août

Le retour des pluies peut favoriser une nouvelle poussée de cèpes. Dans les bois frais et humides, on peut parfois voir les premières trompettes de la mort dès août, même si leur principale saison vient plus tard. Le polypore en ombelle fait aussi partie des trouvailles possibles à cette période. Dans les prés et les pâtures, on peut rencontrer certains agarics.

 

Les champignons d’automne (septembre à novembre)

En automne, deux promenades faites le même jour peuvent donner des récoltes bien différentes. Sous les arbres, on peut chercher les cèpes et les pieds-de-mouton. Dans les prés, ce sont plutôt les coulemelles puis, plus tard en saison, les pieds-violets qui peuvent attirer l’attention.

Septembre

Les cèpes et les autres bolets peuvent poursuivre leurs poussées. On peut aussi rechercher des chanterelles, des trompettes de la mort, des russules et des pieds-de-mouton. Les prés et les lisières offrent d’autres possibilités, notamment les coulemelles et certains agarics.

Pour moi, c’est souvent en septembre que la saison devient vraiment prenante. Je commence à surveiller la pluie et à penser aux coins que j’aimerais retrouver dès que j’aurai quelques heures devant moi.

Octobre

Octobre offre souvent le plus grand choix en forêt. On peut y rencontrer les cèpes et les autres bolets, les chanterelles, les trompettes de la mort, les russules et plusieurs pleurotes. Dans les prairies et les clairières, on peut encore trouver des coulemelles et certains agarics.

Les pieds-de-mouton poussent aussi bien dans les bois de feuillus que de conifères. Ils forment parfois des groupes ou des lignes que l’on peut suivre dans le sous-bois. Le pied-violet, lui, se recherche dans les prairies et les pâturages.

Pour moi, c’est probablement le mois où j’ai le plus envie d’être partout à la fois. Quand plusieurs coins donnent en même temps, il devient difficile de choisir où aller !

Novembre

Si l’automne reste doux et humide, les trompettes de la mort, les pieds-de-mouton et certains pleurotes peuvent encore réserver de belles sorties. Des gelées fortes et répétées peuvent en revanche interrompre les poussées de nombreuses espèces. Dans les prairies, le pied-violet fait partie des champignons que l’on peut encore rencontrer.

Chez moi, en Lorraine, les chanterelles en tube arrivent tard dans la saison. C’est justement ce que j’aime chez elles. Quand beaucoup d’autres champignons commencent à disparaître, elles me donnent encore une bonne raison de retourner en forêt.

 

Les champignons d’hiver (décembre à février)

Quand les champignons se font plus rares au sol, un vieux tronc de feuillu ou une souche méritent encore un coup d’œil. Les pleurotes en huître font partie des espèces que l’on peut y observer en hiver. Dans les secteurs truffiers, c’est aussi la saison de la truffe noire.

Décembre

Dans les prairies, le pied-violet peut encore fructifier. En forêt, le pleurote en huître peut pousser sur les troncs et les souches de feuillus morts ou dépérissants. Dans les secteurs qu’il a prospectés, le mycologue Patrice Tanchaud a observé cette espèce d’octobre à janvier. [3]

La pleine saison de la truffe noire du Périgord s’étend de décembre à février. [5] Dans les bois où le temps reste doux, quelques chanterelles en tube peuvent aussi prolonger les récoltes d’automne.

Janvier

Les possibilités de cueillette se réduisent en janvier. On peut néanmoins encore observer le pleurote en huître sur le bois de feuillus, selon la région et les conditions. [3]

La truffe noire est en pleine saison. C’est un univers que je connais encore très peu, mais qui m’intrigue depuis longtemps. Je me dis qu’un jour, la recherche des truffes pourrait bien me décider à prendre un chien. L’idée de le dresser moi-même au cavage, pour qu’il m’aide à repérer les truffes enfouies, me plaît beaucoup.

Février

Dans les secteurs truffiers, on peut encore récolter la truffe noire en février. De mon côté, c’est le mois où l’impatience revient. Les bois semblent encore endormis, mais je pense déjà à mes premières sorties du printemps à la recherche des morilles.

 

Adapter ce calendrier à votre région

Avant une sortie, regardez les pluies des dernières semaines et l’état du sol. Une averse peut mouiller les feuilles sans réhumidifier une terre restée sèche longtemps. En Lorraine, des chercheurs d’INRAE ont observé très peu de fructifications en 2018, une année marquée par le manque de pluie. [2]

L’altitude et la proximité de la mer modifient aussi les conditions d’une région à l’autre. Voici comment tenir compte de quelques différences de climat décrites par Météo-France. [4]

  • Sur la façade atlantique, la douceur et des pluies souvent mieux réparties peuvent prolonger certaines sorties d’automne. Regardez si les sols sont encore humides dans le secteur que vous comptez parcourir.
  • Dans le Nord-Est, notamment en Lorraine, surveillez les gelées répétées. Une sortie de novembre peut offrir des possibilités très différentes avant et après un épisode de froid marqué.
  • Sur le pourtour méditerranéen, après un été sec, le retour des pluies automnales est souvent un meilleur repère que la date seule.
  • En montagne, les températures diminuent avec l’altitude. Pour choisir le moment d’une sortie, une observation faite à une altitude comparable à la vôtre sera plus parlante qu’une récolte signalée en plaine.

Pour affiner ce calendrier près de chez vous, notez le lieu, la date et le milieu de vos trouvailles. Au fil des années, vous aurez vos propres repères pour savoir quand retourner dans vos coins.

 

⚠️ Attention à l’identification

Avant de consommer un champignon, il faut être certain de son identification et vérifier plusieurs critères : chapeau, pied, hyménium, habitat, odeur, éventuelles confusions, etc. En cas de doute, mieux vaut laisser le champignon sur place ou faire contrôler la récolte par une personne compétente.

Ce calendrier indique seulement les périodes où certaines espèces peuvent apparaître : il ne permet évidemment pas de les identifier à lui seul. De plus, il ne présente qu’une partie des champignons comestibles que l’on peut rencontrer. Il existe de nombreuses autres espèces, parfois excellentes, mais beaucoup moins connues. Pour aller plus loin et disposer de bonnes références pour l’identification, j’ai rassemblé une sélection de livres sur les champignons qui m’ont réellement été utiles.

 

Sources et repères

[1] Muséum national d’Histoire naturelle. Conseils pratiques pour la cueillette des champignons.

[2] INRAE. Arbres & champignons : mariés pour la vie. Observations en Lorraine en 2018.

[3] Patrice Tanchaud. Pleurotus ostreatus. Fiche mycologique, 2024.

[4] Météo-France. Le climat en France hexagonale et Corse.

[5] Ministère de l’Agriculture. La truffe noire dite du Périgord.


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