Introduction:
Lorsqu’on utilise une seringue de spores pour l’inoculation, beaucoup de mycéliums différents vont se développer et entrer en concurrence afin de puiser la nourriture contenue dans le substrat. L’avantage de réaliser un clonage de tissu d’un champignon est justement de ne conserver qu’un individu et donc un seul mycélium. Sans concurrence celui-ci sera beaucoup plus rapide pour coloniser le substrat.
Cette manipulation est simple à réaliser, toute la difficulté est de réussir à garder un maximum de stérilité durant chaque étape du processus. Pour mettre toute les chances de votre côté lisez: 7 conseils pour un maximum de stérilité et les 6 vecteurs de contaminations.
Le but de cette technique est de prélever stérilement un morceau de chair à l’intérieur du champignon et de le déposer sur un substrat stérile (culture liquide, céréales ou milieu gélosé) afin de produire du mycélium.
Le mieux est de choisir un champignon jeune (ayant encore le chapeau fermé) et vigoureux car vos futures récoltes dépendront de cet individu. Vous pouvez aussi vous servir d’un champignon acheté dans le commerce afin de cloner la souche et de la cultiver.
Manipulation:
Prenez un beau et jeune champignon,
et sectionnez-le en deux dans le sens de la longueur.
Chauffez la lame de votre scalpel à rouge et laissez la refroidir quelques secondes (attention à ne pas tuer le tissu en le brulant) avant de prélever un petit morceau de chair à la base du chapeau (un carré de 2-3 millimètres de côté). En effet, un gros morceau de tissu augmenterait les risques de contaminations: plus la surface de prélèvement est grande et plus il y a de chances pour qu’elle soit contaminée.
Il ne vous reste plus qu’à déposer ce petit morceau dans votre substrat stérile (céréales, culture liquide ou milieu gélosé)
Placez ensuite le substrat dans votre incubateur.
Photos du site : www.fungifun.org
Recherches qui ont permis de trouver cet article:
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- comment recueillir les spores de champignon
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9 comments
Laurent D.
22 novembre 2011 à 22 h 07 min (UTC 2)
Je constate que vous ne prélevez qu’un tout petit morceau du chapeau. Est-ce qu’il y a une raison particulière à cela?
Car on pourrait penser qu’en prélevant une plus grande partie du chapeau, on aura d’avantage de spores potentiels prêts à produire du mycélium (ce qui est peut-être totalement faux).
Enfin, est-ce qu’il faut obligatoirement prélever un morceau du chapeau se situant juste au dessus de la partie sombre comme vous l’avez fait? Ou peut-on retirer n’importe quelle partie du chapeau? Je vous pose cette question car j’imagine facilement un prélèvement sur un champignon de Paris, mais j’ai beaucoup plus de mal à imaginer la façon de faire un prélèvement sur une pleurote par exemple.
Merci d’avance pour vos précisions!
PS: Comme dit dans nos échanges de mails: je salue pour votre initiative et vous encourage pour la suite! Vous faites vraiment du bon travail!
admin
23 novembre 2011 à 14 h 06 min (UTC 2)
Un grand morceau de chair permettrait un développement plus rapide mais augmenterait grandement les risques de contamination alors qu’un petit morceau et largement suffisant pour que le mycélium se développe. Le but n’est pas de recueillir des spores mais uniquement un morceau de chair (qui est du mycélium condensé) et de le « repiquer » dans la culture liquide ou un autre support.
Deux parties sont à privilégier pour effectuer le prélèvement en raison de leur concentration élevée en cellule souche: la base du pied et le centre du chapeau. Tu dois prélever à un de ces deux endroits le plus au centre possible afin d’éviter au maximum les éventuels contaminants se trouvant sur la partie externe du champignon.
Laurent D.
23 novembre 2011 à 14 h 32 min (UTC 2)
Tout est clair du coup! C’est le genre de précision qui aurait, il me semble, sa place dans votre article car un novice comme moi sera tenté de prélever un plus gros morceau de chapeau pensant augmenter ses chances de réussite, ce qui est tout le contraire.
Simon
22 mars 2012 à 18 h 13 min (UTC 2)
Est-ce qu’on peut utiliser un champignon sécher pour le clonage ?
Samuel
22 mars 2012 à 19 h 00 min (UTC 2)
Non, il faut absolument utiliser un champignon frais pour réaliser un clonage, ses tissus doivent être encore vivants. Un champignon séché contient des spores qui peuvent germer mais le risque de contaminations est élevé.
Toitoine
20 avril 2012 à 9 h 47 min (UTC 2)
Hello,
J’ai testé cette technique pour des pleurottes et champi de paris.
Le mélange était à base d’agar, patate et glucose.
Résultat, aucun développement, ni des champis, ni moisisure de contamination ou autre
A quoi ca peut être du ? Les champis étaient bien frais pourtant ?!
Merci
Samuel
20 avril 2012 à 13 h 09 min (UTC 2)
Bonjour,
Lorsque le scalpel est mal refroidi, il peut tuer le tissu du champignon ce qui empêchera le développement du mycélium.
Pour savoir si le problème vient de la manipulation ou du milieu de culture, je vous recommande d’ouvrir une boite de Pétri afin de « provoquer » une contamination (ou de poser votre doigt sur la gélose pour être sur de la contaminer), puis de la replacer en incubation. Si toujours rien ne se développe, cela serait signe d’un problème dans la gélose. Une stérilisation trop longue peut dégrader les ingrédients du milieu gélosé. J’espère vous avoir aider à identifier le problème.
Amicalement,
Samuel
Toitoine
20 avril 2012 à 17 h 24 min (UTC 2)
Merci pour la réponse.
Pour le cutter, je l’ai désinfecté à l’alcool. Mauvaise idée ?
Parcontre je ne pense pas avoir trop « cuit » le mélange.
Peut-etre un mauvais dosage ?
Je vais tenter la contamination volontaire.
Merci,
Toitoine
Samuel
20 avril 2012 à 19 h 03 min (UTC 2)
Bonsoir,
Il est préférable de stériliser à la flamme mais l’alcool convient aussi. En tout cas le problème ne vient pas du tissu qui aurait brulé après un mauvais refroidissement. Il doit y avoir un soucis dans la gélose mais ce n’est pas évident de savoir ce qui n’a pas marché. Vérifiez que les ingrédients que vous avez utilisés ne contiennent pas de conservateur ou de fongicide.